Deux modèles majeurs en trois mois : Claude Fable 5 en juin, GPT-6 Astra en septembre. J’en parle moins pour ce qu’ils font aujourd’hui que pour ce qu’ils laissent entrevoir.
Les annonces insistent sur la puissance (ah le marketing !). Ce qui me semble plus important, ce sont deux capacités plus discrètes : ces modèles retiennent le contexte sur des millions de mots, et ils tiennent une tâche longue sans perdre le fil. Dit autrement, ils commencent à avoir une solide mémoire et plus d’endurance. Pour qui produit des contenus de marque, comme moi, ce n’est pas un détail.
Trois perspectives me paraissent s’ouvrir.
La cohérence dans la durée.
Une marque, ce sont des centaines de productions qui doivent se ressembler sur des années, avec des équipes qui changent. C’est notre point faible historique. Un système qui garde la plateforme, les guidelines, ce qui a été produit et ce qui a été refusé, et pourquoi, intervient là où nous avons toujours peiné.
L’exploration redevient abordable.
Beaucoup d’idées ne meurent pas en réunion, elles meurent au chiffrage. Si essayer coûte peu, on peut de nouveau se permettre de chercher avant de choisir. Et chercher plus longtemps, c’est souvent tout ce qui sépare une bonne idée d’une idée juste.
L’adaptation cesse d’être une dégradation.
Formats, langues, marchés : décliner revenait presque toujours à appauvrir l’original. Cette fatalité-là n’a plus lieu d’être.
Reste l’essentiel : Plus ces systèmes deviennent capables, plus la valeur se concentre dans les quelques moments où quelqu’un décide : ce qu’on cherche vraiment, ce qu’on garde, ce qu’on accepte de signer. Ces moments-là ne se délèguent pas, et je ne vois pas encore ce qui pourrait les déléguer. C’est dans cette direction que nous travaillons chez Nextage.ai.
Je ne crois pas que nous allions vers une créativité artificielle. Plutôt vers une créativité humaine moins empêchée. La perspective me rend franchement optimiste pour les mois qui viennent.
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